Post 2 - L'un des plus beaux monuments aux morts

 

Chère lectrice, cher lecteur,

 

Connaissez-vous ce monument ?


Il figure dans mon panthéon des plus beaux monuments aux morts 14-18 de France !

Il s’agit de celui de Lodève (34), réalisé par Paul Dardé.

Que voyons-nous ?

Un soldat, gisant, avec ses deux enfants à ses pieds et sa veuve effondrée sur lui.



Devant, se tiennent quatre femmes.



On ne sait pas vraiment quelle signification donner à ces quatre femmes.

Représentation de classes sociales ? Les quatre saisons ? Autres ?

Le monument est réalisé en pierre de Lens patinée aux acides. Cette patine altère la blancheur de la pierre pour lui donner une teinte ocre.

Initié en 1919, le monument ne fut inauguré que le 1er juin 1930, après réalisation des abords (balustrades et fontaines latérales).



Quelques lignes à propos de Paul Dardé.

Paul Adolphe Marie Dardé, né le 5 juillet 1888 à Olmet-et-Villecun (département de l’Hérault), est le fils de Fulcrand Basile et de Jourdan Marie Philomène. Il est présenté comme occupant la profession de cultivateur.  Tout en assumant son travail d'ouvrier agricole, il lit beaucoup. L'adolescent, qui a quitté l'école à 13 ans, dévore les livres des grands auteurs, à la bibliothèque municipale de Lodève, dessine et commence à sculpter des blocs rocheux dans cette région de relief karstique voisine du Cirque de Navacelles.

En 1912, il est admis dans l'atelier de Jean-Antoine Injalbert à l'École des beaux-arts de Paris qu'il abandonne assez rapidement. Grâce à une bourse d'études saluant son talent il voyage en Italie.

La même année, il entre dans l'atelier d'Auguste Rodin qu'il quitte très rapidement et retourne à Lodève.

En 1914, au moment même où il reçoit sa première commande publique, le sculpteur autodidacte de 26 ans est mobilisé pendant la Première Guerre mondiale.

Sa vie est marquée par un épisode difficile survenu pendant la guerre, qui l’a fait accuser de désertion. Hanté par l’idée de sa compagne qu’il a dû abandonner pour partir à la guerre, la laissant seule et sans ressources, il a quitté son corps d’armée au cours d’un déplacement de celui-ci, en gare de Saint-Pol (Somme), dans la nuit du 6 au 7 avril 1915, et fut arrêté le 25 avril à Riom.

Une instruction judiciaire et examen médico-légal ont ensuite eu lieu. Au terme de cette instruction, les conclusions du Docteur Félix Rose, médecin psychiatre, en date du 19 juillet 1915 sont les suivantes :

 « Dardé était, au moment où il a commis l’acte qui lui est reproché, dans un état de démence au sens de l’article 64 du code pénal, il en est donc irresponsable. » Conclusions du Docteur Félix Rose, le 19 juillet 1915.

Il a ensuite effectué deux séjours successifs, en service psychiatrique, à l’Hôpital général de Montpellier, service du professeur Mairet.

Le premier va du 24 juillet 1915 au 3 février 1916. Le deuxième du 22 octobre 1917 au 4 février 1918. Paul Dardé aura donc passé un peu plus de dix mois au sein de ce service psychiatrique.

Pour celles et ceux qui seraient intéressés par une analyse plus détaillée, voir le site :

https://www.etudesheraultaises.fr/publi/toujours-tranquille-tete-lourde-et-lidee-fixe-linternement-du-sculpteur-paul-darde-pendant-la-premiere-guerre-mondiale/

Armand Dayot, Inspecteur général des Beaux-Arts connaissait Paul Dardé et s’était préoccupé de son sort pendant cette période, soucieux de le voir retrouver toutes ses capacités créatrices.



Portrait par François Antoine Vizzavona du sculpteur Paul Adolphe Marie Dardé à l'atelier du Dépôt des Marbres (1920). Paris, agence photo RMN-Grand Palais, fonds Druet-Vizzavona.

En 1920 à Paris au Grand Palais, il expose Éternelle Douleur et le Grand faune (Grand Prix National des Arts de 1920), sculptures qui lui assurent une notoriété internationale et lui valent des commandes comme celle d'un Laocoon par la Ville de Paris.

Il décide de revenir dans sa région natale pour y réaliser son rêve de décentralisation artistique.

Il n'aura alors de cesse de se battre pour construire une œuvre libre et personnelle, au prix d'une grande précarité matérielle.

 Il installe un nouvel atelier à Soubès (Hérault), où il réalise en 1919 le monument aux morts de la commune. Il poursuit cette activité avec sept autres monuments commémoratifs jusqu'en 1926 pour Lodève, Clermont-l'Hérault, Lunel, Limoux, etc., tout en répondant à de nombreuses commandes.

Dardé a créé sept monuments aux morts dans l'Hérault (Lodève, Soubès, Saint-Maurice-Navacelles, Le Bousquet-d'Orb, Clermont-l'Hérault, Lunel, Béziers) et un dans l'Aude (Limoux).


À bientôt pour un prochain post !


Commentaires

  1. J'ai bien aimé cet article avec de belles photos qui nous permettent de bien visualiser le monument. peut être manque t'il les dimensions du monument ?
    Tres interessant aussi l'aticle sur Paul Dardé ; il a une "bonne tête cet homme là " !

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