POST 3 - A propos de ce blog

 

Chère lectrice, cher lecteur,


Lorsque m’est venue l’idée de créer un blog sur les monuments aux morts de 14-18, j’ai d’abord recherché s’il en existait.

La réponse est, bien sûr, positive.

Mais j’ai fait les constats suivants : 

1)  Il n’y en pas beaucoup !

 Je peux citer celui de :

  • Michel RENARD, professeur d’histoire, qui a intitulé son blog : « dictionnaire des monuments aux morts de la guerre de 1914-1918 érigés dans les communes de France » (sur Canalblog). 
  • J’ai pris contact avec lui. Il m’a alors indiqué:

"Au sujet de mon blog, je dois dire que, malheureusement, je n'y contribue plus depuis que l'accès à son administration (et à son absence de publicités) est devenu payant. »

Et il m’a encouragé dans ma démarche, ce dont je le remercie.

 

  • Queutchny14-18, aussi sur Canalblog. Il semble arrêté depuis fin 2019 et je n’ai pas eu de retour de ma demande de contact.

 J’ai eu le plaisir de le rencontrer lors d’une séance de dédicace de mon livre (Les monuments aux morts de la Grande Guerre : de l’art et du souvenir, Alain Mollinier, • 136 pages • 29,50 €), à Saint-Aignan sur Cher, en Novembre 2025. 

Il m’a indiqué avoir perdu son site, ce que j’ai pu vérifier. Dommage !

 

  • « Le Patrimoine Mémoriel des Guerres ». Ce site a pour vocation de recenser tous les monuments aux morts France, Belgique et monde entier. Et possède aussi un blog. 


Et il existe aussi quelques blogs à vocation plus régionale.


 2)      Tenir un blog est une œuvre de longue haleine, exigeante !
        Et j’ai envie de relever ce défi !

 

Et j’ajoute une dimension personnelle, à savoir le souvenir de mes deux grands-pères qui ont fait cette guerre.

 

Voici Jules MOLLINIER, mon grand-père paternel.


Jules a connu la bataille et la mitraille, affecté en avril 1915 au 69e régiment d’infanterie, puis au 31e, dont l’historique succinct retrace les combats menés ! Mais il n’en parlait jamais !

 

Voici Emilien CHAVANAZ, mon grand-père maternel.

Emilien, né en mars 1899, est le plus jeune d’une fratrie dont 4 garçons connaîtront la guerre.

Ici, je dois préciser que leur père, à savoir mon arrière-grand-père, Joseph Maxime CHAVANNAZ était Suisse, arrivé en France à son adolescence. Et donc, tous les enfants de notre arrière-grand-père - naturalisé Français le 21/10/1911 -  sont nés Suisses du fait de la nationalité de leur père, bien qu'ils soient nés en France. C'est donc par des demandes de naturalisation qu'ils sont devenus Français et ont pu combattre en 14-18.

Emilien, incorporé en avril 1918, s’est retrouvé affecté au front d’août 1918 à octobre 1919. Il a ensuite été affecté dans les troupes françaises d’occupation du pays Rhénan d’octobre 1919 à juin 2021.

 Ensuite, mes grands oncles maternels!

Voici Joseph-Jules CHAVANAZ, né en juin 1891.


Naturalisation: 13 novembre 1911;  Incorporé le 1er octobre 1912 dans le 5ème Régiment du Génie sapeur de deuxième classe. Passe au 6ème Bataillon du Génie le 1er avril 1913.
Le 22 décembre 1913, sa sœur Marie CHAVANAZ écrit: "Jules a été longtemps malade. Il est toujours à l'hôpital à Verdun."
Passe au 9ème Régiment du Génie le 1er mai 1914
Aux armées, c’est-à-dire « au front »,  le 02 août 1914.
Evacué pour blessures de guerre dans la bouche et près de l'œil, le 11 novembre 1914 à l'hôpital de Morlaix.
Rentré au dépôt le 1er décembre 1914.

Reparti aux armées le 22 décembre 1914
Il est à Auxonne en Côte-d'Or en juillet 1915.
Evacué pour bronchite du 17 février au 14 mars 1917, à l'hôpital du Havre.
Caporal, le 02 mai 1917
Evacué le 08 janvier 1918 pour blessures de guerre. Il est hospitalisé à l'hôpital militaire "Gama" de Toul en Meurthe-et-Moselle, jusqu'au 03 février 1918.
Sergent le 13 avril 1918.
Evacué à nouveau pour blessures de guerre le 02 novembre au 23 décembre 1918, à l'hôpital de Bray-sur-Seine.
Passe au 1er Régiment du Génie le 14 avril 1919
Démobilisé le 12 août 1919.

Ici Jules (en bas à gauche) et Emilien (en bas à droite), ensemble aux armées en 1919:



Voici Aimé CHAVANAZ, né en novembre 1887.

   Ici en 1916, après sa libération

CHAVANAZ Aimé, alias Georges, devient Français en 1909.

Il est incorporé au 13ème Régiment d'Infanterie à compter du 5 octobre 1910. Arrivé au corps et soldat de 2ème classe le dit jour sous le matricule 2154. Sapeur ouvrier d'art le 24 septembre 1911. Envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1912. Certificat de bonne conduite accordé.
 
Rappelé aux Armées le 1er août 1914, par l'ordre de mobilisation générale. Arrivé au corps le 03 août 1914.
 
Il aura à assurer la défense de la Tête à Vache, où il subira de rudes assauts de l'ennemi.

A la Tête à Vache (en forêt d'Apremont) dans la Meuse, Aimé CHAVANAZ est blessé le 06 février 1915 par des éclats d'obus. Alors qu'il était sorti de sa tranchée pour aller chercher de l'eau, un obus est tombé sur le seau qu'il tenait dans sa main. Son pied droit fut déchiqueté.
 
Atteinte ensuite par la gangrène, sa jambe dû être amputée. Il alla ensuite en rééducation à l'annexe du Grand Séminaire d'Avignon.

                             Ici, sur cette photo (à droite avec un X) il n’a pas encore été amputé.

 On relève sur sa fiche matricule militaire, au chapitre campagnes:
- Campagne contre l'Allemagne (du 03/08/1914 au 25/03/1916)
- Aux Armées du 03/08/1914 au 05/02/1915.
- Blessure de guerre du 06/02/1915 au 05/03/1916
- Aux armées du 06/03/1916 au 24 03/1916.
 
Au chapitre "blessures, actions d'éclat, décoration etc."
- Blessé le 06/02/1915 en forêt d'Apremont dans la Meuse, plaie du pied droit par éclats d'obus; amputation du pied.
- Inscrit au tableau spécial de la Médaille Militaire pour prendre rang du 16 août 1915. (J.O. du 13 septembre 1915). "Très bon soldat qui a toujours fait preuve des plus belles qualités militaires, blessé, il a été amputé de la jambe droite."
 
Décorations:

  • Médaille Militaire (tableau spécial)
  • Croix de Guerre avec palme
  • Elevé au rang de Chevalier dans l'Ordre de la Légion d'Honneur le 10/02/1959 par décret du Président de la République. Décoré à Raymond (Cher) le 11 novembre 1960 par le Général de Corps d'Armée, François Henry Marie Ferdinand de BELNET.


Voici Simon CHAVANAZ, né en septembre 1882.

        

Il devint Français en acceptant volontairement le service militaire, car il voulait défendre sa Patrie.

Il passa devant le Conseil de Révision le 18 décembre 1914, alors qu'il avait déjà 32 ans.
Bureau de recrutement de Nevers: taille: 1m 62. Reconnu apte pour le Conseil de Révision. Matricule 2055. Soldat de 2ème Classe au 10è Régiment d'Infanterie qui fait partie de la 15è division d'Infanterie, divisée en 3 bataillons.

A fait campagne contre l'Allemagne du 23 février au 07 juillet 1915.
 
Mort pour la France, "tué à l'ennemi", le 7 juillet, au Bois d'Ailly sur Meuse.

Je tiens à remercier mon cousin Joël CHAVANAZ qui a réalisé l’arbre généalogique de la famille CHAVANAZ et, par un long et patient travail, a rassemblé informations et photos que j’ai pu utiliser dans cet article.

 

Cette évocation de mes grands-pères et grands oncles permet une vision incarnée de ce que fut cette guerre, vision que les monuments aux morts, dans leur silence et leur froideur ne peuvent donner.

 Mais tous ces éléments nous renvoient à cette dure réalité : la guerre c’est la mort et le deuil !

 

Je vous montrerai des monuments qui illustrent  le deuil dans mon prochain article.

 

Merci pour votre attention.

 

Note : toutes les photos de monuments aux morts, dans cet article et dans tous les autres, ont été, sauf mention contraire, réalisées par mes soins, dans le cadre d’une recherche photographique engagée depuis 1999 (voir Post 1 – Tuchan).

Celles de mes grands-pères et grands oncles proviennent d’ archives familiales.

 









Commentaires

  1. Bien aimé tout l'historique très détaillé et illustré en plus des grands parents et grands oncles.
    cela montre bien le poids de cette guerre sur toutes les familles et ce que les poilus ont supportés

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Bonjour,

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