POST 6 - René Quillivic
Chère lectrice, cher lecteur,
Aujourd’hui, je vais vous présenter des monuments aux morts réalisés
par René Quillivic.
René Quillivic est né à Plouhinec, dans le Finistère, en 1879, d'un père paysan-pêcheur.
Il est mort à Paris le 8 avril 1969.
Dans sa jeunesse, parlant breton, il ignorait la langue française.
Il se prépare à exercer le métier de menuisier-charpentier et effectue le tour de France des Compagnons du Devoir pendant lequel il apprend la langue française
Parvenu à
obtenir une bourse d'étude grâce au député, puis sénateur du Finistère, Georges
Le Bail, il entre ensuite à l'Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris.
Durant ses années de
formation, il cherchera toujours à rendre compte d'une tradition culturelle qui
lui apparaît très vite originale.
Déjà, avant la
guerre, il connaît la commémoration funéraire. Mais c'est surtout dans le
contexte de l'après Première guerre mondiale que René Quillivic devient l'un
des plus célèbres sculpteurs de Bretagne.
La presque totalité des monuments commémoratifs de Quillivic se situe dans le Finistère. Il en réalisera seize pour ce seul département.
René Quillivic
inscrit le choix des thèmes de ses œuvres dans le contexte régional, proche des
Bretons. Ses modèles sont des familiers, connus et reconnus des gens.
Ainsi, à Bannalec,
les gens du village reconnaissent sur le monument funéraire de Quillivic la
sœur du glorieux aviateur Le Bourhis.
De même, à Plouhinec
(1921), il fige dans la pierre le portrait de sa propre mère :
A noter que le
monument a été modifié (modernisé ?). Ci-dessous, le monument
original :
Le monument de Saint-Pol-de-Léon (Finistère), inauguré en
1920
Le monument aux
morts de Saint-Pol-de-Léon, réputé pour être chronologiquement le
premier monument aux morts de la guerre 1914-1918 du Finistère, a été réalisé par
René Quillivic et l’architecte Charles Chaussepied en 1919.
La sculpture est intégrée, dans l’enceinte du cimetière, à un ensemble du XIXe
siècle composé d’un calvaire et d’un mur semi-circulaire orné d’un chemin de
croix signés du sculpteur Larhantec.
Ce monument aux morts diffère par sa conception et son traitement des monuments
suivants de Quillivic (Plouhinec 1921, Plozévet et Pont-Croix 1922). Il est, en
effet, très classique par l’utilisation de l’image du soldat allongé sur une
dalle supportée par quatre colonnes au pied desquelles sont représentées quatre
femmes en costume traditionnel du Léon, d’âges et de conditions sociales
différents.
Ces femmes figurent
la fiancée, l’épouse, la mère et l’aïeule du soldat.
Érigé en 1920,
le monument aux morts de la ville de Carhaix-Plouguer représente un
poilu au garde à vous et une femme en deuil.
La femme qui servit
de modèle est Pélagie Quillerou, de Plouguer, qui apprend la mort au combat de
son fils, Félix, le 17 mars 1917 à Tahure dans la Marne.
La réalisation la
plus célèbre de René Quillivic est très certainement celle de Plozévet,
inaugurée le 12 septembre 1922.
Adossé à un menhir,
un vieil homme porte son chapeau dans la main droite, et de l’autre main, serre
une croix de guerre qu’il pose sur la poitrine. Le monument prend une
symbolique d’autant plus forte qu’il représente un paysan du village, Sébastien
Le Gouill, endeuillé par la perte de ses trois fils ainsi que de l’un de ses
gendres.
Pour René Quillivic,
ce monument représente aussi une certaine forme d’accomplissement puisqu’il est
réalisé à la demande du maire Georges Le Bail, celui qui lui avait permis de se
lancer à Paris.
Enfin, voici Plouyé,
inauguré le 20 novembre 1955 :
Comme il l'affirmait
lui-même, ses œuvres contrairement à celles des autres sculpteurs soulignent :
"l’évocation du sacrifice tel qu’il se reflète dans les yeux et dans
l’attitude de tous ceux qui souffrent de ne plus avoir le disparu à leurs côtés
».
Le Monument aux
Morts, réalisé en 1955 pour la commune de Plouyé, reflète cette volonté de
l'artiste de rendre hommage aux proches des disparus. Il représente une statue
d’une veuve en cape de deuil.
Mais la carrière de
sculpteur de Quillivic ne saurait se résumer aux monuments aux morts qu’il a
réalisés.
Je vous en dirai
plus dans un prochain article !
Note : toutes les photos de monuments aux morts, dans cet article et dans tous les autres, ont été, sauf mention contraire, réalisées par mes soins, dans le cadre d’une recherche photographique engagée depuis 1999 (voir Post 1 – Tuchan).
Celles des sculpteurs ont été trouvées sur Internet.








Commentaires
Enregistrer un commentaire
Bonjour,
Merci d'avance pour vos commentaires,