POST 7 - René Quillivic - suite

 

Chère lectrice, cher lecteur,

 

Dans mon précédent article, je vous ai présenté les monuments aux morts de René Quillivic.

Son œuvre ne se limite pas à cela! Il est aussi l’auteur de sculptures représentant des personnages et caractères bretons.

Une de ses premières œuvres est le groupe des Sonneurs, à Plozévet, réalisée en 1908.




Son histoire est la suivante : en 1907, le plâtre est présenté au salon annuel de l’Exposition des Beaux-Arts de Paris où il obtient la médaille d’or et permet au sculpteur d’obtenir une bourse de 4000 francs. 

En 1908, grâce à la vente d’un champ hérité de sa mère, René Quillivic réalise la statue en bronze qui sera exposée et primée cette même année. Le monument ne trouve cependant pas d’acquéreur, l’art breton ne faisant plus recette…

Jusqu’en janvier 1937, le monument reste donc la propriété de René Quillivic, qui ne parvient pas à le vendre. Il sera déposé pendant quelque temps à la faïencerie Henriot de Quimper.

Suite à une demande de Georges Le Bail au ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts Jean Zay, l’œuvre est finalement achetée par l’état pour 40 000 francs. Le monument est « mis en dépôt » à Plozévet, dans les dépendances de la mairie, en attendant que le socle soit construit sous la surveillance du sculpteur lui-même. Il est érigé devant la mairie de l’époque, route d’Audierne. Inauguration en grande pompe, en présence du ministre Jean Zay, le 22 août 1937.


Aux deux extrémités du pont Albert Louppe de Brest (Finistère) se dressent deux couples de jeunes paysans bretons : l’un de Léonards, l’autre de Cornouaillais. Ces quatre statues ont été réalisées en 1928-1929 par René Quillivic.

       

Couple de Léonards

                                                                                               
Couple de Cornouaillais


Voici, ensuite,  la statue de la Bigoudène qui scrute la mer. Son modèle, selon la tradition locale, aurait été la cousine de Pierre-Jakez Hélias.

Cette œuvre a été sculptée en 1938, à Plozévet, dans une classe de l’école publique transformée en atelier par René Quillivic et inaugurée le 6 août 1961

                                                                 

Sur son socle on peut lire « Ama echu bro Bigouden », inscription en breton qui signifie : « Ici finit le Pays bigouden ».    


Il a aussi réalisé le Monument aux marins morts pour la France durant la Première Guerre mondiale.                                                        

                                                                              
                                                            
Le monument est situé dans le Finistère (29), à Plougonvelin, à l'extrémité de la pointe Saint-Mathieu, non loin de l'abbaye.

Inauguré le 12 juin 1927, il constitue le premier élément du Mémorial national aux marins morts pour la France, qui comprend deux autres espaces aménagés au début des années 2000, l'Esplanade du souvenir français et le Cénotaphe aux marins dédié à la mémoire des marins morts durant tous les conflits.

L'artiste a réalisé une œuvre en pierre de Kersanton, haute de 17 m, couronnée d'un buste colossal de femme léonarde en coiffe de deuil, représentation de la douleur morale du survivant.

Les quatre faces du monument sont ornées de bas-reliefs évoquant la participation des marins de la Royale, de la Marchande et de la Pêche à la sauvegarde de la Patrie.


Et enfin, voici le monument aux Français libres de l’ile de Sein.



Monument aux morts dédié aux Forces Françaises Libres. Réalisé en granite, il porte l'inscription : « Kentoc 'h Mervel, le soldat qui ne se reconnaît pas vaincu a toujours raison ».

Monument inauguré le 7 septembre 1960. Site classé en 1980.

 

 Cette carrière est remarquable eu égard à la modestie de ses origines, à sa naissance dans un milieu mi-paysan, mi-marin et presque uniquement d’expression orale bretonnante.

J'ai mis en avant différentes sculptures réalisées par ses soins. Mais l'extrait de la revue mensuelle d'art ancien et moderne, reproduit ci-dessous, vient souligner l'étendue de sa palette artistique.

« Quillivic n'est pas seulement  sculpteur ; il est aussi un de nos meilleurs graveurs sur bois, un de nos plus éminents céramistes, et je viens de voir de lui une série nouvelle de tableaux qui vont, je le crois, le classer parmi les meilleurs de nos peintres. Cette variété d'aptitudes […] évoque le souvenir d'un Gauguin désireux et capable de s'exprimer indifféremment par toutes les techniques. » (CHASSE, Charles, « René Quillivic », L'Art et les artistes : revue mensuelle d'art ancien et moderne, 1930, p. 79.)

       
                                                               
Merci pour votre attention. 

Et rassurez-vous, dans les prochains articles, seront évoquées d'autres régions de France et d'autres artistes!

                                                        


Commentaires

  1. Merci Alain d'insister sur cet artiste Breton.
    Les sculptures sont émouvantes .Elles dégagent de la simplicité et de la permanence.J'apprevue ces sonneurs dont le bronze traduit la souplesse des corps et la
    joie des musiciens !
    Merci cher ami et surtout continue à guider notre regard vers ces artistes et leurs régions!

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  2. belles sculptures qui rendent "vivants" les personnages

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  3. Merci Alain d’avoir développé concernant René Quillivic ton sujet au delà des monuments aux morts. Cet artiste trop méconnu vaut que l’on s’y attarde. Et je conseille à tous de vous rendre au Musée des Beaux Arts de Quimper pour y admirer d’autres sculptures de cet artiste : en particulier la brodeuse bigoudene et la tête de la petite bigoudene. Témoignage très sensible des femmes bigoudenes, mes aïeules.
    Dominique Louet

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Bonjour,

Merci d'avance pour vos commentaires,

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