POST 8 - Thiers

 

Chère lectrice, cher lecteur,

 

Aujourd’hui, je viens vous présenter un monument aux morts qui a accompagné mon enfance.

Il s’agit de celui de Thiers (Puy de Dôme), inauguré le 5 août 1923 et situé square des Grammonts.


Je me souviens d’avoir dévalé les escaliers depuis les grilles du haut jusqu’à cet ensemble de Vercingétorix soutenant le Poilu. 


Escaliers qui ont permis d’adosser le monument au dénivelé abrupt qui existait entre le square des Grammonts et la place située au-dessus.

Notez aussi le coq gaulois qui trône au milieu de l’édifice et les deux bas-reliefs de chaque côté des plaques portants les noms des soldats tués à la guerre.



Les deux bas-reliefs symbolisent le deuil des parents, évoqué dans un de mes précédents articles, le POST 4, publié le 2 mai 2026.

         


Le sculpteur est Joanny Durand.


Sculpteur, graveur et écrivain français, il est né le 23 juillet 1886 à Boën-sur-Lignon (Loire) et mort le 10 octobre 1955 à Sainte-Agathe-la-Bouteresse (Loire).

Mobilisé en 1914, il est grièvement blessé lors de la première bataille de la Marne et réformé en septembre 1915. Il est mutilé de guerre à 60 %.

Dans les années 1920, il réalise de nombreux monuments aux morts, principalement dans le département de la Loire, des œuvres représentatives des courants patriotiques et régionalistes de son époque, et marquées par l'Art déco et le réalisme des années 1930.

 Quatorze monuments aux morts ont été recensés, dans la Loire, le Puy-de-Dôme, le Rhône et à Paris. Aux côtés des représentations classiques de poilus et de familles en deuil, on trouve des thèmes plus originaux avec des guerriers gaulois ou des chevaliers.

Le Monument aux morts de Saint-Julien-d'Oddes (42), inauguré en 1923, représente ainsi un Gaulois brandissant une épée.

Celui de la ville de Thiers, présenté ici, inauguré en 1923, est composé d'un guerrier gaulois soutenant un poilu.

À Boën-sur-Lignon (42), un guerrier gaulois se tient avec un poilu devant la France victorieuse.

De même, le bas-relief aux étudiants morts pour la France représente un guerrier gaulois et un soldat romain dos à dos.

On relève une inspiration médiévale dans le Monument aux morts de Sail-sous-Couzan (42), inauguré en 1948. De part et d'autre d'un poilu gisant, deux chevaliers en armure se tiennent debout avec leurs chevaux.

Enfin,  à proximité de Thiers, toujours dans le Puy de Dôme, se trouvent deux communes dont le monument aux morts me parait remarquable, mais ce ne sont pas des œuvres de Joanny Durand.


Tout d’abord, Lezoux.


C’est le directeur des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand, Raoul Mabru qui réalisa le monument en 1924, inscrit aux Monuments Historiques le 13 mars 2019.

Sa particularité vient de la mention dans la pierre noire, entre les plaques des conflits, d’un hommage pacifiste : « Aux enfants de Lezoux, victimes de la guerre, à ceux qui ont combattu pour l’abolir ». La statuaire, elle, prend la forme d’une Victoire triomphante, armée d’un glaive et portant le rameau d’olivier, drapée à la façon de La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix.

 

Ensuite, Puy-Guillaume.

  

Son ou ses auteurs restent inconnus.

Il prend la forme, originale, d’un obélisque couronné d’un château fort. Il a été érigé en 1921.

 A noter que Michel Charasse, personnalité socialiste bien connue, élu maire de Puy-Guillaume (Puy-de-Dôme) en 1977, est resté à la tête de cette commune pendant plus de trente ans.


Merci pour votre attention!


A bientôt pour un prochain article!


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